jeudi 25 octobre 2007

François I° (1515-1547)


François Ier (1494 - 1547), dit le père et restaurateur des Lettres, le roi guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nez[2], est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims, et règne jusqu'à sa mort en 1547. Fils de Charles d'Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.



François Ier est considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance française[3]. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France.
Sur le plan militaire et politique, le règne de François Ier est ponctué de guerres et d'importants faits diplomatiques. Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d'Angleterre toujours désireux de se positionner en allié de l'un ou l'autre camp. François Ier enregistre succès et défaites mais ne permet pas à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l'intégrité du royaume. Les efforts des deux souverains catholiques pour se combattre l'un l'autre ont de lourdes conséquences pour l'Occident chrétien en limitant la répression de la Réforme naissante.


La politique extérieure de la France sous François Ier est toute entière dominée par la rivalité avec la maison de Habsbourg, en la personne de Charles Quint, héritier de l'empereur Maximilien, son grand-père, et de l'empire espagnol par sa mère Jeanne la Folle. Il faut admettre que durant la période pendant laquelle s'affrontent la maison de France (François Ier puis Henri II), les autres pays européens font figure de comparses: l'Angleterre d'Henri VIII, les États pontificaux et autres principautés italiennes comme les duchés de Ferrare et de Modène (sous les Este), le duché de Parme-et-Plaisance, le duché d'Urbin (sous les Médicis).
Charles de Habsbourg, est à la tête d'un véritable empire:
Par son père Philippe le Beau, lui-même fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire), il possède l'Autriche, les Dix-sept Provinces (Pays-Bas bourguignons, Flandre, Artois, Franche-Comté, etc.).
Par sa mère Jeanne la Folle (fille des rois catholiques), il hérite de l'Espagne (unification des royaumes de Castille, d'Aragon et de Grenade) et de ses possessions américaines, ainsi que du Royaume de Naples.
A la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est le favori pour sa succession au titre d'empereur romain germanique.


Une fois empereur (1519), Charles a deux ambitions complémentaires:
Une ambition personnelle qui lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Cette revendication, pour laquelle il n'obtiendra jamais satisfaction, ne repose sur aucune base juridique : le duché de Bourgogne avait été reçu en apanage par Philippe le Hardi de son père Jean le Bon. À partir du moment où ce fief ne pouvait être hérité par un descendant mâle de l'apanagiste, et que Charles le Téméraire, descendant de Philippe le Hardi, n'avait eu qu'une fille, le duché revenait automatiquement au domaine royal dont il était un démembrement.
Une ambition impériale d'une Europe dominée par les Habsbourg, dans lequel il jouera le rôle de défenseur de l'Église Romaine.
Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l'hostilité de François Ier, gardien de l'intégrité du domaine royal et roi d'une France aux fortes ambitions héritées de ses prédécesseurs, en particulier sur le territoire morcelé de l'Italie de la Renaissance. Comme Charles VIII et Louis XII, François n'aura de cesse de tenter d'installer son pouvoir sur la péninsule en commençant par la reconquête du duché de Milan dont il estime tenir les droits par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, duchesse de Milan et épouse de Louis d'Orléans.


Le règne de François Ier voit un renforcement de l’autorité royale jetant les bases de l’absolutisme tel qu'il sera pratiqué plus tard par Louis XIV.
La cour que le roi rétablit à Paris, en édifiant le nouveau Louvre, est le véritable cœur du pouvoir. Bien qu'entouré de conseils - le Grand Conseil, le Conseil des parties ou Conseil privé et le Conseil étroit, ce dernier chargé des décisions importantes de l'État -, le roi, apparaît de plus en plus comme la source unique de l'autorité, arbitrant en dernier ressort les initiatives de l'administration judiciaire et financière, choisissant et disgraciant ses favoris, ses ministres et ses conseillers.
Au début de son règne, le roi maintient en faveur plusieurs serviteurs de son prédécesseur : La Palisse et Odet de Foix, seigneur de Lautrec font passer à 4 le nombre de maréchaux. La Trémoille prend de hautes responsabilités militaires. Il confirme également Florimond Robertet comme étant le "père des secrétaires d'État". La Palisse cède l'office de grand maître à Artus Gouffier de Boissy, ancien gouverneur du roi. Guillaume Gouffier de Bonnivet devient amiral de France en 1517. Le cardinal Antoine Duprat, magistrat d'origine bourgeoise devient chancelier de France. Enfin, Charles III de Bourbon reçoit l'épée de connétable. La mère du roi, Louise de Savoie a une influence non négligeable sur les affaires du pays. Élevée au rang de duchesse, elle fait partie du conseil privé du roi et sera nommée par deux fois régente du royaume. Jusqu'en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, va connaître la faveur royale et une carrière politique éclatante. François Ier compte aussi sur ses conseillers l'amiral d'Annebaut et le cardinal de Tournon pour l'exécution des décisions financières.


Les constructions se révèlent être un gouffre financier alors que l'effort de guerre contre Charles Quint mobilise des sommes énormes. Pour faire face à la situation, le roi augmente les taxes: la taille, payée par les paysans, est plus que doublée, et la gabelle, payée sur le sel, est triplée[24]. Contrairement à la plupart de se prédécesseurs, en particulier pour les décisions à caractère fiscal, François Ier ne convoque pas les états généraux durant son règne.
François Ier utilise aussi de nouveaux moyens pour lever des fonds. Il se sépare de pierres précieuses appartenant à la couronne et aliène des territoires royaux qui lui apportent les fonds nécessaires au financement de sa politique.
Le roi innove également avec la vénalité des charges et offices gouvernementaux et fonctionnariaux. Ainsi, de nombreux bourgeois et nobles de grandes familles accèdent aux plus hautes charges de l'État par leur seule fortune. Les postes les plus prisés sont les notaires et secrétaires de la Chancellerie de Paris, qui rédigent et authentifient les lois. Bien qu'il n'abuse pas de ce dernier moyen, c'est certainement le début d'un phénomène destiné à s'amplifier et donc à affaiblir plus tard l'administration du pays malgré un pouvoir de plus en plus centralisé.
Par l'édit de Châteauregnard (21 mai 1539), François Ier crée également la première loterie d'État, sur le modèles des blancques existant déjà dans plusieurs villes italiennes.
Enfin, comme lors de l'affaire du connétable Charles de Bourbon, François Ier ne recule pas devant les procédés douteux pour résoudre les problèmes financiers de la couronne. L'exemple le plus frappant en est le procès intenté à Jacques de Beaune, baron de Semblançay, principal intendant des finances depuis 1518 et accusé lors d'un procès intenté par le roi en 1524, de détournement des fonds destinés à la campagne d'Italie. Bien qu'ayant réussi à se justifier lors de ce procès, il est arrêté en 1527, accusé de concussion, condamné à mort et exécuté à Montfaucon. Lors de sa réhabilitation, il apparaît qu'il avait surtout eu le tort d'être un créancier important de François Ier.


François Ier meurt d'une septicémie le 31 mars 1547 au château de Rambouillet et est enterré le 23 mai avec sa première femme la duchesse de Bretagne Claude de France à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri II lui succède.
Anne de Pisseleu, sa maîtresse, est contrainte de quitter la cour.