jeudi 25 octobre 2007

Charles VII Le Victorieux (1422–1461)


Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi (né à Paris le 22 février 1403 - Mehun-sur-Yèvre, 22 juillet 1461) fut roi de France de 1422 à 1461.


Il mit fin en 1453 à la guerre de Cent Ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc, qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré à Reims (17 juillet 1429).
Très contesté dans sa légitimité même, Charles devint roi (1422) en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, compliquée d'une intervention militaire anglaise victorieuse depuis la bataille d'Azincourt (1415). Chef de fait du parti Armagnacs, il avait été déshérité par son père Charles VI au traité de Troyes (1420), au profit du roi Henri V d'Angleterre puis du fils de ce dernier Henri VI. Replié au sud de la Loire, le "roi de Bourges", comme on le surnommait par dérision, vit sa légitimité et sa situation militaire s'arranger nettement grâce à l'intervention imprévue de Jeanne d'Arc. Celle-ci délivra Orléans et conduisit Charles, non sans réticences ou hésitations de sa part, à la cérémonie du Sacre de Reims.
Charles VII fut souvent critiqué par la postérité pour avoir ralenti la reconquête de la France initiée par Jeanne et pour l'avoir abandonnée à son sort après sa capture à Compiègne (1430). Néanmoins, il la fit aussi réhabiliter solennellement en 1456 et laver de toute accusation d'hérésie. Il fut par ailleurs un souverain efficace, achevant de chasser les Anglais du royaume, et s'employant à rétablir l'économie grâce à Jacques Cœur (qu'il ruina), tout comme le gallicanisme et l'autorité royale. Il est le père du roi Louis XI.


Il est le cinquième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.
Charles était le onzième des douze enfants de Charles VI et Isabeau de Bavière, et troisième à porter ce prénom. Devenu Dauphin à la suite de la mort prématurée de ses deux frères aînés, Louis en 1415 et Jean en 1416, Charles devint héritier du trône de France, en 1417, recevant alors le duché de Berry. À cette époque — il n'a que 15 ans — on dit de lui qu'il manque de caractère et qu'il a horreur de la violence.
Devant les menaces qui se précisent contre sa personne, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier de la couronne doit quitter Paris, aux mains des Bourguignons, le 29 mai 1418. Il se réfugie à Bourges avec quelques fidèles, ce qui lui vaudra au début de son règne le surnom péjoratif de « petit roi de Bourges ». Aux côtés de Bernard VII d'Armagnac, il apparaît comme le chef du parti hostile à la politique du duc de Bourgogne. C'est dans cette ville de Bourges qu'il se proclamera régent, en raison de l'incapacité mentale de son père. Il soumit plusieurs villes et établit un parlement.
Le duc de Bourgogne Jean sans peur, soucieux de faire rentrer le Dauphin dans le rang, l'invita à Montereau pour une entrevue maintes fois reportée qui eut finalement lieu le 10 septembre 1419. On dressa un enclos au milieu du pont où le Dauphin et Jean sans peur se retrouvèrent avec chacun quelques compagnons, le gros de chaque troupe attendant sur l'une ou l'autre rive. Les deux princes ne s'appréciant guère, ils s'apostrophèrent, le ton monta et chacun avait la main sur le pommeau de son épée. Les entourages étaient nerveux : sur un éclat, on rompit. Le brave Tanguy du Châtel, qui avait sauvé le jeune prince à Paris en 1417 lors de l'entrée des Bourguignons, écarta le Dauphin. Il s'ensuivit une mêlée au cours de laquelle Jean sans peur tomba, poignardé.


Sa mère Isabeau et les Bourguignons répandent la rumeur que Charles est en réalité le fils naturel de Louis d'Orléans dont il aurait voulu venger le meurtre et, le 17 janvier 1420, un décret le bannit du royaume. Charles, désormais accusé de complicité dans le meurtre de Jean sans Peur, est déshérité (1420).
Le 21 mai 1420, sous l'influence de la reine Isabeau de Bavière, Charles VI signe le traité de Troyes, stipulant que la couronne de France sera cédée au fils du roi d'Angleterre Henri V, à condition qu'il épouse une de ses filles. Comme Henri V meurt avant Charles VI de France, c'est son fils Henri VI d'Angleterre qui a été reconnu roi de France.


Ce traité légitimait les prétentions du roi d’Angleterre sur le trône de France et visait à terminer la Guerre de Cent Ans qui durait depuis plusieurs décennies. Le futur Charles VII, prenant prétexte de l’incapacité mentale de son père, refusa les termes du traité. Henri VI est un Lancastre et généalogiquement il a moins de droit sur le trône de France que le Dauphin.
Alors que l'armée française était désorganisée, le duc de Bedford, régent du royaume d'Angleterre, mit le siège devant Orléans, et voulait poursuivre jusqu'à Bourges pour s'emparer du roi Charles VII. Celui-ci se réfugie alors à Chinon, en Touraine. C'est dans ce château que le 25 février 1429, une jeune fille vint le trouver et lui demanda audience. Elle lui dit : « Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es vray héritier du trône de France. »
Cette jeune fille de seize ans lui affirme qu'elle a eu des visions qui lui ont intimé l'ordre de sauver Orléans et de le faire couronner roi. Charles VII la fera examiner par des ecclésiastiques, qui se montrèrent convaincus de sa mission surnaturelle. Cette jeune fille, qui disait venir de Lorraine et s'appeler Jeanne d'Arc, poussa Charles à se déclarer roi et à lever une armée pour libérer la France des Anglais.
Après la victoire française à la bataille de Patay, Charles fut couronné roi, Charles VII de France, le 17 juillet 1429, à Reims. À partir de ce moment tout tourne en sa faveur. Il reprend la majorité des territoires du nord contrôlés par les Anglais et réussit par le traité d'Arras en 1435 à faire la paix avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon jusqu'alors allié de l'Angleterre. Charles VII reprend Paris aux Anglais (Paris qui s'était rendu de lui-même au roi en 1436) et finalement toute la France à l'exception du port de Calais (1448-1453). Ses victoires successives mettent fin à la Guerre de Cent Ans.
Un facteur important dans le succès ultime de Charles fut le soutien de la famille riche et puissante de sa femme Marie d'Anjou. Malgré l'affection de Charles pour sa femme, sa grande passion fut sa maîtresse Agnès Sorel.
Les dernières années de Charles VII furent troublées par l'ambition de son fils (Louis XI) et par la révolte de la Praguerie, à laquelle ce prince eut la plus forte part.


Ce monarque gouverna avec habileté et économie ; il assura la solde et la discipline de l'armée. La résolution du grand Schisme d'Occident par le conciliarisme affaiblit la papauté et permet à Charles VII de s'imposer en 1438 comme le chef naturel de l’Église de France, qui entre ainsi dans l'ère du gallicanisme:la Pragmatique Sanction de Bourges, limite les prérogatives papales et affirme la supériorité des décisions des conciles de Bâle et de Constance sur celles du pape. Il limite l'autorité des grands féodaux et les justices seigneuriales en créant les Parlements régionaux (cours de justice). Il réorganisa le parlement de Paris, créa ceux de Grenoble et de Toulouse, et fit réformer l'Université par le cardinal d'Estouteville. Tout au long de son règne, il tente de raffermir l'autorité du pouvoir monarchique. Il rétablit une monnaie saine, lève des impôts réguliers et met en place une véritable armée permanente. Il contribue ainsi à réunir le royaume autour du roi. Enfin, il établit l'Université de Poitiers en 1432. Sa politique apporta une certaine prospérité économique au royaume.
En 1451 Jacques Cœur, Grand Argentier du roi, est arrêté.
Roi avisé et politiquement intelligent, il décida de la codification de toutes les coutumes qui régissaient localement le royaume, désorganisant le système judiciaire : par l'ordonnance de Montils-les-Tours il ordonne la rédaction officielle des coutumes, sous son autorité, le transformant en « Roi fontaine de Justice », lui et ses successeurs.
Craignant constamment d'être empoisonné par son fils Louis XI, Charles VII meurt de faim le 22 juillet 1461. Son fils lui succédera sous le nom de Louis XI.


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