jeudi 25 octobre 2007

François I° (1515-1547)


François Ier (1494 - 1547), dit le père et restaurateur des Lettres, le roi guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nez[2], est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims, et règne jusqu'à sa mort en 1547. Fils de Charles d'Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.



François Ier est considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance française[3]. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France.
Sur le plan militaire et politique, le règne de François Ier est ponctué de guerres et d'importants faits diplomatiques. Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d'Angleterre toujours désireux de se positionner en allié de l'un ou l'autre camp. François Ier enregistre succès et défaites mais ne permet pas à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l'intégrité du royaume. Les efforts des deux souverains catholiques pour se combattre l'un l'autre ont de lourdes conséquences pour l'Occident chrétien en limitant la répression de la Réforme naissante.


La politique extérieure de la France sous François Ier est toute entière dominée par la rivalité avec la maison de Habsbourg, en la personne de Charles Quint, héritier de l'empereur Maximilien, son grand-père, et de l'empire espagnol par sa mère Jeanne la Folle. Il faut admettre que durant la période pendant laquelle s'affrontent la maison de France (François Ier puis Henri II), les autres pays européens font figure de comparses: l'Angleterre d'Henri VIII, les États pontificaux et autres principautés italiennes comme les duchés de Ferrare et de Modène (sous les Este), le duché de Parme-et-Plaisance, le duché d'Urbin (sous les Médicis).
Charles de Habsbourg, est à la tête d'un véritable empire:
Par son père Philippe le Beau, lui-même fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire), il possède l'Autriche, les Dix-sept Provinces (Pays-Bas bourguignons, Flandre, Artois, Franche-Comté, etc.).
Par sa mère Jeanne la Folle (fille des rois catholiques), il hérite de l'Espagne (unification des royaumes de Castille, d'Aragon et de Grenade) et de ses possessions américaines, ainsi que du Royaume de Naples.
A la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est le favori pour sa succession au titre d'empereur romain germanique.


Une fois empereur (1519), Charles a deux ambitions complémentaires:
Une ambition personnelle qui lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Cette revendication, pour laquelle il n'obtiendra jamais satisfaction, ne repose sur aucune base juridique : le duché de Bourgogne avait été reçu en apanage par Philippe le Hardi de son père Jean le Bon. À partir du moment où ce fief ne pouvait être hérité par un descendant mâle de l'apanagiste, et que Charles le Téméraire, descendant de Philippe le Hardi, n'avait eu qu'une fille, le duché revenait automatiquement au domaine royal dont il était un démembrement.
Une ambition impériale d'une Europe dominée par les Habsbourg, dans lequel il jouera le rôle de défenseur de l'Église Romaine.
Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l'hostilité de François Ier, gardien de l'intégrité du domaine royal et roi d'une France aux fortes ambitions héritées de ses prédécesseurs, en particulier sur le territoire morcelé de l'Italie de la Renaissance. Comme Charles VIII et Louis XII, François n'aura de cesse de tenter d'installer son pouvoir sur la péninsule en commençant par la reconquête du duché de Milan dont il estime tenir les droits par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, duchesse de Milan et épouse de Louis d'Orléans.


Le règne de François Ier voit un renforcement de l’autorité royale jetant les bases de l’absolutisme tel qu'il sera pratiqué plus tard par Louis XIV.
La cour que le roi rétablit à Paris, en édifiant le nouveau Louvre, est le véritable cœur du pouvoir. Bien qu'entouré de conseils - le Grand Conseil, le Conseil des parties ou Conseil privé et le Conseil étroit, ce dernier chargé des décisions importantes de l'État -, le roi, apparaît de plus en plus comme la source unique de l'autorité, arbitrant en dernier ressort les initiatives de l'administration judiciaire et financière, choisissant et disgraciant ses favoris, ses ministres et ses conseillers.
Au début de son règne, le roi maintient en faveur plusieurs serviteurs de son prédécesseur : La Palisse et Odet de Foix, seigneur de Lautrec font passer à 4 le nombre de maréchaux. La Trémoille prend de hautes responsabilités militaires. Il confirme également Florimond Robertet comme étant le "père des secrétaires d'État". La Palisse cède l'office de grand maître à Artus Gouffier de Boissy, ancien gouverneur du roi. Guillaume Gouffier de Bonnivet devient amiral de France en 1517. Le cardinal Antoine Duprat, magistrat d'origine bourgeoise devient chancelier de France. Enfin, Charles III de Bourbon reçoit l'épée de connétable. La mère du roi, Louise de Savoie a une influence non négligeable sur les affaires du pays. Élevée au rang de duchesse, elle fait partie du conseil privé du roi et sera nommée par deux fois régente du royaume. Jusqu'en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, va connaître la faveur royale et une carrière politique éclatante. François Ier compte aussi sur ses conseillers l'amiral d'Annebaut et le cardinal de Tournon pour l'exécution des décisions financières.


Les constructions se révèlent être un gouffre financier alors que l'effort de guerre contre Charles Quint mobilise des sommes énormes. Pour faire face à la situation, le roi augmente les taxes: la taille, payée par les paysans, est plus que doublée, et la gabelle, payée sur le sel, est triplée[24]. Contrairement à la plupart de se prédécesseurs, en particulier pour les décisions à caractère fiscal, François Ier ne convoque pas les états généraux durant son règne.
François Ier utilise aussi de nouveaux moyens pour lever des fonds. Il se sépare de pierres précieuses appartenant à la couronne et aliène des territoires royaux qui lui apportent les fonds nécessaires au financement de sa politique.
Le roi innove également avec la vénalité des charges et offices gouvernementaux et fonctionnariaux. Ainsi, de nombreux bourgeois et nobles de grandes familles accèdent aux plus hautes charges de l'État par leur seule fortune. Les postes les plus prisés sont les notaires et secrétaires de la Chancellerie de Paris, qui rédigent et authentifient les lois. Bien qu'il n'abuse pas de ce dernier moyen, c'est certainement le début d'un phénomène destiné à s'amplifier et donc à affaiblir plus tard l'administration du pays malgré un pouvoir de plus en plus centralisé.
Par l'édit de Châteauregnard (21 mai 1539), François Ier crée également la première loterie d'État, sur le modèles des blancques existant déjà dans plusieurs villes italiennes.
Enfin, comme lors de l'affaire du connétable Charles de Bourbon, François Ier ne recule pas devant les procédés douteux pour résoudre les problèmes financiers de la couronne. L'exemple le plus frappant en est le procès intenté à Jacques de Beaune, baron de Semblançay, principal intendant des finances depuis 1518 et accusé lors d'un procès intenté par le roi en 1524, de détournement des fonds destinés à la campagne d'Italie. Bien qu'ayant réussi à se justifier lors de ce procès, il est arrêté en 1527, accusé de concussion, condamné à mort et exécuté à Montfaucon. Lors de sa réhabilitation, il apparaît qu'il avait surtout eu le tort d'être un créancier important de François Ier.


François Ier meurt d'une septicémie le 31 mars 1547 au château de Rambouillet et est enterré le 23 mai avec sa première femme la duchesse de Bretagne Claude de France à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri II lui succède.
Anne de Pisseleu, sa maîtresse, est contrainte de quitter la cour.

Louis XII Le Père Du Peuple (1498–1515)


Louis XII, né le 27 juin 1462 au château de Blois, mort le 1er janvier 1515 à Paris, surnommé le Père du peuple par les États généraux de 1506, fut roi de France, de 1498 à 1515.


À la mort de Louis XI, il échoue à obtenir la régence aux États généraux de Tours, qui est prise par Anne de Beaujeu.
En 1484, après plusieurs péripéties de 1484 à 1488 lors de la Guerre folle, il est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en juillet 1488.
Grâcié après trois ans de détention (qu'il passe dans les prisons d’Angers, Sablé, Lusignan, Poitiers, Mehun-sur-Yèvre et Bourges), il suit son cousin, le roi Charles VIII, en Italie où il tente en vain de conquérir le duché de Milan à son profit (cf. première guerre d'Italie).
Il succède en 1498 à Charles VIII, mort accidentellement sans enfant survivant.


En échange du Valentinois érigé en duché, qu'il donne à César Borgia, fils du pape Alexandre VI Borgia, il obtient l'annulation de son premier mariage et épouse la veuve de son cousin, Anne de Bretagne. Deux filles naquirent de ce mariage :


Claude de France, en 1499, qui épousa en 1514 François Ier qui lui succéda (Leur union permit ainsi au duché de Bretagne de demeurer dans le domaine royal) et
Renée de France, en 1510 qui épousa en 1528 Hercule d'Este, duc de Ferrare.
Dès 1499, il reprend la politique italienne de son prédécesseur (cf. deuxième, troisième et quatrième guerre d'Italie). Après avoir conquis le Milanais, il devient maître d'une grande partie de la péninsule.
Le 22 septembre 1504, il signe le traité de Blois, que les États généraux de Tours annulent à sa demande en 1506. Il fiance alors Claude de France à François de Valois.


En 1506, il est chassé de Naples par Ferdinand d'Aragon (Ferdinand le Catholique) et perd le Milanais six ans plus tard. En 1513, la défaite de Novare sonne le glas de ses ambitions italiennes.

L'essentiel des guerres sous le règne de Louis XII se sont déroulées sur le sol italien. Toutefois, quelques batailles se jouèrent à l'intérieur des frontières françaises. En 1512, l'Aragon s'empare de la Navarre méridionale. En 1513, les Suisses assiègent Dijon. En août de cette même année, les Anglais remportent la victoire de bataille de Guinegatte. Par des traités séparés, dont le contesté traité de Dijon, Louis XII disloque la Sainte-Ligue.


Louis XII administre avec intelligence son domaine. Il utilise les recettes des impôts pour le bien du pays en entretenant le réseau routier. Jouissant d'une grande popularité, il est appelé le "Père du Peuple".
Devenu veuf, il se remarie le 9 octobre 1514 à Abbeville avec Marie d'Angleterre, la très jeune sœur du roi Henri VIII d'Angleterre, pour sceller sa réconciliation avec lui.
Il meurt quelques mois plus tard et laisse le trône à son cousin et gendre François Ier qui avait épousé sa fille aînée Claude, duchesse de Bretagne.


Charles VIII L’ Affable (1483–1498)


Charles VIII de France ou Charles VIII l'Affable, né le 30 juin 1470 au château d'Amboise, mort le 7 avril 1498 au même endroit, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, fut roi de France de 1483 à 1498.


Unique survivant parmi les cinq fils de Louis XI, il est le septième et dernier roi de la succession directe de la branche des Valois de la dynastie capétienne.


À 13 ans, Charles VIII monte sur le trône n'ayant eu d'autre éducation que la lecture des romans de chevalerie. Il est toujours mineur et conformément au désir de son père, il accepte la tutelle de sa sœur aînée, Anne de France, âgée de 23 ans, dite Anne de Beaujeu, après son mariage avec Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu.
Le gouvernement des régents provoque une rébellion des princes emmenés par Louis II d'Orléans, le futur Louis XII, qui en vue de soustraire le roi à ses tuteurs entreprend la Guerre folle. Le 28 juillet 1488, Louis d'Orléans est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Incarcéré pendant trois années, il fut gracié en 1491.


À l'ouest, Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne, est mariée par procuration avec Maximilien de Habsbourg. Charles, lui-même fiancé à Marguerite d'Autriche, fille de Maximilien, entreprend de longues négociations et fait le siège de Rennes pour pouvoir épouser Anne, ce qu'il obtient le 6 décembre 1491 au château de Langeais. Il rapproche ainsi de la France cet important duché, au prix de l'inimitié du futur empereur. Aucun des six enfants issus de son union avec Anne de Bretagne ne survécut.
Jeune et ambitieux, il voulut conquérir le royaume de Naples, faisant valoir des droits que les derniers princes de la maison d'Anjou avaient légués à sa famille. Pour avoir sa pleine liberté en Italie, où il a des prétentions, il signe, en 1492, le traité d’Étaples avec Henri VII d'Angleterre, et, en 1493, le traité de Barcelone avec le roi d'Aragon Ferdinand II et le traité de Senlis avec Maximilien d'Autriche (par ce traité, la dot de Marguerite (Franche-Comté et Artois) est restituée).
À la mort du roi Ferdinand Ier de Naples, en 1494, Charles VIII prend le titre de roi de Naples et de Jérusalem et pénètre en Italie. C'est le début de la première guerre d'Italie (1494-1497). Sans aucune résistance, les Français entrent à Florence en novembre et à Rome en décembre. Ils sont à Naples en février 1495. Cependant, en mars, sous l'impulsion de Ferdinand II d'Aragon et du pape Alexandre VI, se constitue la ligue de Venise, une alliance quasi générale contre la France.
Le rentrée en France de Charles VIII est périlleuse. Il parvient cependant à franchir l'Apennin, et remportant de justesse une victoire à la bataille de Fornoue, il réussit à échapper à ses ennemis. Louis d'Orléans évacue Novare et renonce au duché de Milan. Début 1497, l'armée française restée à Naples capitule devant le capitaine espagnol Gonzalve de Cordoue, dit le Grand Capitaine.
Charles VIII meurt, à 28 ans, le 7 avril 1498 au château d'Amboise, après avoir violemment heurté de son front un linteau de pierre placé trop bas. Après sa mort, la succession revient à son cousin Louis XII, lequel épouse également sa veuve, Anne de Bretagne.
Godefroy et Philippe de Séguront écrivent son Histoire.

Louis XI (1461–1483)


Louis XI de France, dit le Prudent, né le 3 juillet 1423 à Bourges, mort le 30 août 1483 au Château de Plessis-lez-Tours (commune de La Riche, Indre-et-Loire), fut roi de France de 1461 à 1483, sixième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Ce monarque a repoussé à tel point les limites du cynisme en politique qu'il fut aussi surnommé l'universelle araignée.


Le 22 juillet 1461, Charles VII mourut à Mehun-sur-Yèvre. Louis affecta l'indifférence, et fut absent lors des funérailles royales à Saint-Denis. Il se fit sacrer à Reims trois semaines après la mort du feu roi, avant d'être entré dans Paris. L'entrée eut lieu le 30 août 1461. Philippe le Bon fut remarqué avec son escorte comptant pour la moitié du cortège, et comprenant une troupe en armes. Le nouveau roi ne demeura pas longtemps à Paris. Dès le 25 septembre, il s'installa à Tours, ville gagnée à sa cause.
Sa première action de monarque fut de profiter de la crise de succession en Aragon. En effet, Alphonse le Magnanime était mort en 1458. Jean II, frère du défunt, le disputait à Charles de Viane, son fils. Celui-ci fut retrouvé mort en septembre 1461, ce qui déclencha une guerre civile entre Jean II et les villes, en particulier Barcelone. Louis XI tenta de s'allier aux États de Catalogne. Devant leur refus poli, il se tourna vers Jean II, lequel lui céda les revenus des comtés de Catalogne et de Cerdagne en échange de son aide. Louis XI en prit tout bonnement possession. Il intervint également dans la querelle dynastique savoyarde.
Un mois après la naissance de sa fille Jeanne en 1464 il apprend que l'enfant est boîteuse (elle fut d'une laideur proverbiale, petite, contrefaite, malingre) et décide sur le champ de la marier à son lointain cousin Louis d'Orléans, fils du poète Charles d'Orléans, dans le but avoué que le mariage reste stérile et que s'éteigne cette branche capétienne rivale de la sienne mais celui-ci, lorsqu'il deviendra roi (sous le nom de Louis XII), obtiendra l'annulation de son mariage.
À l'intérieur se forma, en mars 1465, la ligue du Bien public. Très comparable à la Praguerie, elle avait à sa tête Charles de Charolais , fils du duc de Bourgogne, qui réclamait plus de pouvoir. Son déclenchement était dû à un incident avec les Bourguignons. En 1463, Louis XI avait décidé de racheter les villes de la Somme qui avaient été cédées au duché de Bourgogne. Cette cession, décidée au traité d'Arras de 1435 devait compenser l'assassinat de Jean sans Peur à Montereau, en 1419. La nouvelle du rachat avait suscité une vive hostilité à la cour de Bourgogne. François II de Bretagne, qui renâclait au joug royal, s'allia aux Bourguignons. Se joignirent à eux Jean II de Bourbon et Jean V d'Armagnac. Le mécontentement ne s'arrêtait pas aux grands vassaux. La pression fiscale avait beaucoup augmenté suite au rachat des villes de la Somme, pour 400 000 écus. Louis XI avait exigé des prêts du clergé, forcé les établissements religieux à lui fournir un inventaire de leurs biens, privé l'Université et le corps des archers et arbalétriers de Paris de leurs privilèges. Il avait supprimé la Pragmatique Sanction.


Contre la ligue du Bien Public, Louis XI se mit personnellement à la tête d'une grande offensive. Après la chute de Moulins, les Bourbons se soumirent. Louis XI fit volte-face vers Paris, menacée par les Bretons et les Bourguignons. Il livra une grande bataille à Montlhéry, le 16 juillet 1465, pleine de confusion et de sang et sans réel vainqueur, mais le siège de Paris fut brisé. Louis XI parvint cependant à négocier une paix où il ne concédait rien pour réformer l'État. Il lâcha cependant le gouvernement de Normandie à son frère. Celui-ci ne parvint pas à prendre en main son gouvernement, et dut s'exiler. Son troisième fils prénommé François naît le 4 décembre 1466 mais meurt 4 heures plus tard. Le 10 septembre 1468, par le traité d'Ancenis, Charles et François II firent leur paix, et rompirent avec les Bourguignons.
Le Téméraire lui proposa de négocier à son tour, et invita le roi dans son château de Péronne. Louis XI s'y rendit en personne. Au cours des pourparlers, Liège se rebella contre la tutelle bourguignonne. Il apparut rapidement que des commissaires royaux figuraient parmi les révoltés. Furieux, le Téméraire se retourna contre Louis XI. Personnellement menacé, le roi dut signer un traité désavantageux, accompagner le Bourguignon dans sa campagne contre Liège et regarder brûler, le 30 octobre 1468, la ville rebelle. Il dut également promettre de donner la Champagne en apanage à son frère. Sitôt parti, Louis XI refusa de s'exécuter et n'accorda à Charles que la Guyenne, pays pacifié depuis peu et difficile à tenir. Il fit emprisonner son conseiller, le cardinal La Balue, en 1469 et dénonça le traité en 1470. C'est la même année que naît son quatrième fils Charles futur Charles VIII et enfin viendra un sixième fils prénommé aussi François né à Amboise le 3 septembre 1472 titré duc de Berry et qui mourra en juillet 1473.
Il s'allia avec le roi d'Angleterre, Édouard IV et entreprit de réduire la puissances des grands vassaux. En 1472, le Téméraire envahit de nouveau la Picardie. Il fut arrêté à Beauvais par Jeanne Hachette. En 1477, quand le Bourguignon mourut, Louis XI tenta de s'emparer de ses États, mais se heurta à Maximilien d'Autriche, qui avait épousé la fille du défunt, Marie de Bourgogne. En 1482, il parvint cependant à récupérer la Picardie et la Bourgogne, par le traité d'Arras. Par le jeu d'héritages, dont celui de René Ier de Naples, il entra en possession de l'Anjou, du Maine et de la Provence. Louis récupéra également la vicomté de Thouars qu'il avait repris à Nicolas d'Anjou en 1472 après qu'il ai rallié le Bourguignon. Il attribua Talmont et Berrie à Philippe de Commynes et pour la Vicomté de Thouars, il finit par engager son attribution à Louis II de la Trémoille mais le Roi est mort avant la restitution effective de cette Vicomté.
Sa vie durant, Louis XI est un perpétuel malade : « brûlures d'estomac, crises de foie, goutte, congestion hémorroïdaire qui l'empêche de marcher, eczéma purulent », selon Yvan Gobry qui — pour son physique — cite Basin : « Avec ses cuisses et ses jambes maigrichonnes, il n'avait, dès le premier abord, rien de beau ni d'agréable. Pire encore : si on le rencontrait en ignorant son identité, on pouvait le prendre plus pour un bouffon ou pour un ivrogne, de toute façon pour un individu de vile condition, que pour un roi ou un homme de qualité ». Ce jugement mérite d'être toutefois pondéré par l'hostilité que l'ancien évêque de Lisieux portait au roi à la suite de son bannissement du royaume en 1465. Basin entreprit de régler ses comptes en 1473 dans une biographie censée révéler « ses ruses, ses malices, ses perfidies, ses sottises, ses méfaits et ses cruautés » sous couvert d'objectivité.
Louis XI se fait inhumer dans la basilique Notre-Dame de Cléry, qu'il avait fait édifier vers 1467.
La mise en bière semble avoir eu lieu à Lyon: Payements à Guillaume Gauteret, appothicayre, pour six douzeines de torches pesans deux cens quatre livres,lesquelles furent mises et emploiées pour les obsèques et seveliment du roy Loys, cui Dieu absoille,lequel seveliment fust fait en l'esglise de Lyon.

Charles VII Le Victorieux (1422–1461)


Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi (né à Paris le 22 février 1403 - Mehun-sur-Yèvre, 22 juillet 1461) fut roi de France de 1422 à 1461.


Il mit fin en 1453 à la guerre de Cent Ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc, qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré à Reims (17 juillet 1429).
Très contesté dans sa légitimité même, Charles devint roi (1422) en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, compliquée d'une intervention militaire anglaise victorieuse depuis la bataille d'Azincourt (1415). Chef de fait du parti Armagnacs, il avait été déshérité par son père Charles VI au traité de Troyes (1420), au profit du roi Henri V d'Angleterre puis du fils de ce dernier Henri VI. Replié au sud de la Loire, le "roi de Bourges", comme on le surnommait par dérision, vit sa légitimité et sa situation militaire s'arranger nettement grâce à l'intervention imprévue de Jeanne d'Arc. Celle-ci délivra Orléans et conduisit Charles, non sans réticences ou hésitations de sa part, à la cérémonie du Sacre de Reims.
Charles VII fut souvent critiqué par la postérité pour avoir ralenti la reconquête de la France initiée par Jeanne et pour l'avoir abandonnée à son sort après sa capture à Compiègne (1430). Néanmoins, il la fit aussi réhabiliter solennellement en 1456 et laver de toute accusation d'hérésie. Il fut par ailleurs un souverain efficace, achevant de chasser les Anglais du royaume, et s'employant à rétablir l'économie grâce à Jacques Cœur (qu'il ruina), tout comme le gallicanisme et l'autorité royale. Il est le père du roi Louis XI.


Il est le cinquième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.
Charles était le onzième des douze enfants de Charles VI et Isabeau de Bavière, et troisième à porter ce prénom. Devenu Dauphin à la suite de la mort prématurée de ses deux frères aînés, Louis en 1415 et Jean en 1416, Charles devint héritier du trône de France, en 1417, recevant alors le duché de Berry. À cette époque — il n'a que 15 ans — on dit de lui qu'il manque de caractère et qu'il a horreur de la violence.
Devant les menaces qui se précisent contre sa personne, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier de la couronne doit quitter Paris, aux mains des Bourguignons, le 29 mai 1418. Il se réfugie à Bourges avec quelques fidèles, ce qui lui vaudra au début de son règne le surnom péjoratif de « petit roi de Bourges ». Aux côtés de Bernard VII d'Armagnac, il apparaît comme le chef du parti hostile à la politique du duc de Bourgogne. C'est dans cette ville de Bourges qu'il se proclamera régent, en raison de l'incapacité mentale de son père. Il soumit plusieurs villes et établit un parlement.
Le duc de Bourgogne Jean sans peur, soucieux de faire rentrer le Dauphin dans le rang, l'invita à Montereau pour une entrevue maintes fois reportée qui eut finalement lieu le 10 septembre 1419. On dressa un enclos au milieu du pont où le Dauphin et Jean sans peur se retrouvèrent avec chacun quelques compagnons, le gros de chaque troupe attendant sur l'une ou l'autre rive. Les deux princes ne s'appréciant guère, ils s'apostrophèrent, le ton monta et chacun avait la main sur le pommeau de son épée. Les entourages étaient nerveux : sur un éclat, on rompit. Le brave Tanguy du Châtel, qui avait sauvé le jeune prince à Paris en 1417 lors de l'entrée des Bourguignons, écarta le Dauphin. Il s'ensuivit une mêlée au cours de laquelle Jean sans peur tomba, poignardé.


Sa mère Isabeau et les Bourguignons répandent la rumeur que Charles est en réalité le fils naturel de Louis d'Orléans dont il aurait voulu venger le meurtre et, le 17 janvier 1420, un décret le bannit du royaume. Charles, désormais accusé de complicité dans le meurtre de Jean sans Peur, est déshérité (1420).
Le 21 mai 1420, sous l'influence de la reine Isabeau de Bavière, Charles VI signe le traité de Troyes, stipulant que la couronne de France sera cédée au fils du roi d'Angleterre Henri V, à condition qu'il épouse une de ses filles. Comme Henri V meurt avant Charles VI de France, c'est son fils Henri VI d'Angleterre qui a été reconnu roi de France.


Ce traité légitimait les prétentions du roi d’Angleterre sur le trône de France et visait à terminer la Guerre de Cent Ans qui durait depuis plusieurs décennies. Le futur Charles VII, prenant prétexte de l’incapacité mentale de son père, refusa les termes du traité. Henri VI est un Lancastre et généalogiquement il a moins de droit sur le trône de France que le Dauphin.
Alors que l'armée française était désorganisée, le duc de Bedford, régent du royaume d'Angleterre, mit le siège devant Orléans, et voulait poursuivre jusqu'à Bourges pour s'emparer du roi Charles VII. Celui-ci se réfugie alors à Chinon, en Touraine. C'est dans ce château que le 25 février 1429, une jeune fille vint le trouver et lui demanda audience. Elle lui dit : « Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es vray héritier du trône de France. »
Cette jeune fille de seize ans lui affirme qu'elle a eu des visions qui lui ont intimé l'ordre de sauver Orléans et de le faire couronner roi. Charles VII la fera examiner par des ecclésiastiques, qui se montrèrent convaincus de sa mission surnaturelle. Cette jeune fille, qui disait venir de Lorraine et s'appeler Jeanne d'Arc, poussa Charles à se déclarer roi et à lever une armée pour libérer la France des Anglais.
Après la victoire française à la bataille de Patay, Charles fut couronné roi, Charles VII de France, le 17 juillet 1429, à Reims. À partir de ce moment tout tourne en sa faveur. Il reprend la majorité des territoires du nord contrôlés par les Anglais et réussit par le traité d'Arras en 1435 à faire la paix avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon jusqu'alors allié de l'Angleterre. Charles VII reprend Paris aux Anglais (Paris qui s'était rendu de lui-même au roi en 1436) et finalement toute la France à l'exception du port de Calais (1448-1453). Ses victoires successives mettent fin à la Guerre de Cent Ans.
Un facteur important dans le succès ultime de Charles fut le soutien de la famille riche et puissante de sa femme Marie d'Anjou. Malgré l'affection de Charles pour sa femme, sa grande passion fut sa maîtresse Agnès Sorel.
Les dernières années de Charles VII furent troublées par l'ambition de son fils (Louis XI) et par la révolte de la Praguerie, à laquelle ce prince eut la plus forte part.


Ce monarque gouverna avec habileté et économie ; il assura la solde et la discipline de l'armée. La résolution du grand Schisme d'Occident par le conciliarisme affaiblit la papauté et permet à Charles VII de s'imposer en 1438 comme le chef naturel de l’Église de France, qui entre ainsi dans l'ère du gallicanisme:la Pragmatique Sanction de Bourges, limite les prérogatives papales et affirme la supériorité des décisions des conciles de Bâle et de Constance sur celles du pape. Il limite l'autorité des grands féodaux et les justices seigneuriales en créant les Parlements régionaux (cours de justice). Il réorganisa le parlement de Paris, créa ceux de Grenoble et de Toulouse, et fit réformer l'Université par le cardinal d'Estouteville. Tout au long de son règne, il tente de raffermir l'autorité du pouvoir monarchique. Il rétablit une monnaie saine, lève des impôts réguliers et met en place une véritable armée permanente. Il contribue ainsi à réunir le royaume autour du roi. Enfin, il établit l'Université de Poitiers en 1432. Sa politique apporta une certaine prospérité économique au royaume.
En 1451 Jacques Cœur, Grand Argentier du roi, est arrêté.
Roi avisé et politiquement intelligent, il décida de la codification de toutes les coutumes qui régissaient localement le royaume, désorganisant le système judiciaire : par l'ordonnance de Montils-les-Tours il ordonne la rédaction officielle des coutumes, sous son autorité, le transformant en « Roi fontaine de Justice », lui et ses successeurs.
Craignant constamment d'être empoisonné par son fils Louis XI, Charles VII meurt de faim le 22 juillet 1461. Son fils lui succédera sous le nom de Louis XI.


Henri VI roi de France et d’Angleterre (1422-1453)


Henri VI d'Angleterre (6 décembre 142127 mai 1471), duc de Cornouailles, fut roi d'Angleterre de 1422 à 1461, puis de 1470 à 1471.


Il était le seul enfant du roi Henri V d'Angleterre. Sa mère était Catherine de Valois.
Il devient roi le 1er septembre 1422, à l'âge de neuf mois. Sa mère, parce que Française, est immédiatement séparée de son enfant par les régents. Elle doit vivre recluse, mais elle épouse, en secret, Owen Tudor, et ils ont plusieurs fils. (L'aîné, Edmond, sera le père du roi Henri VII. Henri VI le fait comte de Richmond.)
Il est sacré roi de France à Notre-Dame de Paris le 16 décembre 1431, à l'âge de dix ans. Cependant, en application de la loi salique, ses droits sur le Trône de France sont révoqués. L'adage "Nemo ad alium transfere potest quam ipse habet" (on ne peut transmettre plus de droits que l'on en possède) implique que sa mère, Catherine de Valois, fille de Charles VI de France, ne pouvait lui transmettre des droits à la succession de la Couronne, puisqu'elle-même n'en possédait pas. Charles VII est donc rétabli sur le Trône.
Henri, pieux et paisible, n'est pas le meilleur roi pendant une période de guerre avec la France. Il épouse Marguerite d'Anjou (1430-1482) fille de René Ier, duc d'Anjou, et d'Isabelle Ire de Lorraine, qui lui donne un fils, Édouard (1453-1471), prince de Galles, qui épouse en 1470 Anne de Neville (1456-1485)
Petit-fils du roi de France Charles VI le Fou par sa mère Catherine de Valois, il souffre lui aussi d'accès de démence (notamment à partir de 1453) et sombre complètement dans la folie suite à son premier emprisonnement à la Tour de Londres en 1465.
Henri est déposé le 4 mars 1461, par Édouard IV. Restauré sur le trône le 30 octobre 1470, il est à nouveau déposé le 11 avril 1471. Il est mis à mort, en secret, à la Tour de Londres.

Henri V roi de France et d’Angleterre (1415-1422)





Vainqueur de la bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415, il parvient à se faire reconnaître comme héritier du trône de France au traité de Troyes (1420), mais meurt prématurément avant son beau-père Charles VI de France, sans avoir pu ceindre la couronne de France.
Fils du roi Henri IV, et de Marie de Bohun, Henry nait à Monmouth au Pays de Galles. Époux de Catherine de Valois, il est le père de Henri VI d'Angleterre, qui lui succède à l'âge de six mois.


Lors de l'exil d'Henri IV en 1398, Richard II le prend à sa charge et le traite avec bienveillance. L'année suivante, la révolution Lancastrienne force prématurément Henri à prendre des responsabilités en tant qu'héritier du trône.
À partir d'octobre 1400, l'administration du Pays de Galles est conduite en son nom ; moins de trois ans plus tard, Henri est de fait aux commandes des forces anglaises et combat contre Harry Hotspur à Shrewsbury. C'est là, en 1403, que le prince âgé de 16 ans est presque tué par une flèche reçue au visage. Un soldat ordinaire aurait été laissé pour mort avec une telle blessure, mais Henri peut bénéficier des meilleurs soins possibles et, pendant les jours qui suivent l'incident, le médecin royal conçoit un outil spécial pour extraire la pointe de la flèche sans causer de dommages supplémentaires. L'opération est couronnée de succès, et donne probablement au prince une cicatrice permanente rappelant son expérience de la bataille.


La révolte galloise menée par Owen Glendower occupe Henry jusqu'en 1408. Ensuite, à cause de la mauvaise santé du roi, il commence à jouer un rôle politique plus important. À partir de janvier 1410, aidé par ses oncles Henri et Thomas Beaufort -- fils légitimés de Jean de Gand (John of Gaunt)-- il dirige de fait le pays.
Ses opinions en politique étrangère et locale diffèrent de celles du roi, qui le renvoie du conseil en novembre 1411. La querelle entre le père et le fils est uniquement d'ordre politique, bien qu'il soit probable que les Beaufort aient argumenté pour l'abdication d'Henri IV, et leurs opposants se sont certainement efforcés de diffamer le prince. Il se peut que ce soit à cette inimitié politique que la tradition d'une jeunesse agitée soit due, et par la suite immortalisée par Shakespeare. Le récit des actions militaires et politiques d'Henri, même dans sa jeunesse, réfutent cette tradition. L'incident le plus connu, sa dispute avec le chief justice (grand juge), n'est pas rapporté par ses contemporains, mais uniquement conté par Sir Thomas Eliot, en 1531.
L'histoire de Falstaff tient ses origines partiellement de l'amitié de Henri envers Sir John Oldcastle. Cette amitié, et l'opposition politique du prince envers Thomas Arundel, archevêque de Canterbury, encourage peut-être les espoirs des Lollards. Si c'est le cas, leur déception peut avoir causé les déclarations des écrivains ecclésiastiques comme Thomas Walsingham qui disent que, en devenant roi, Henri est soudainement devenu un autre homme.


Charles VI le fou (1380–1422)


Charles VI de France, dit Charles le Bien-Aimé, puis Charles le Fol, (né à Paris, le 3 décembre 1368 - mort à Paris, le 21 octobre 1422) fut roi de France de 1380 à 1422. Fils de Charles V et Jeanne de Bourbon.



Il est le père, entre autres, de Charles VII, d'Isabelle de Valois, et de Catherine de Valois.


Charles VI de France, dit Charles le Bien-Aimé puis Charles le Fol (pendant le règne de Louis XV) est le quatrième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.
Il reçoit le Dauphiné en apanage, et succède à son père en 1380. Quand il a onze ans, il est sacré roi de France en 1380 dans la cathédrale de Reims. Jusqu'en 1388, son oncle le duc de Bourgogne Philippe le Hardi est son régent.
Le 1er novembre 1388, Charles VI fête la Toussaint à Reims. Il s'est arrêté en Champagne au retour d'une expédition contre le duc de Gueldre, allié des Anglais. L'atmosphère est tendue et le jeune roi est excédé après quatre mois de bivouac et de chevauchées sous des trombes d'eau.


Le 3 novembre, une grande assemblée du Conseil du roi se tient au palais épiscopal de Reims. C'est le cardinal de Laon, Pierre Aycelin de Montaigut, ancien conseiller de Charles V, qui met l'affaire sur le tapis. À sa suite, l'archevêque de Reims et les chefs de guerre présents pensent que le jeune souverain - qui aura 20 ans le mois suivant - doit gouverner désormais lui-même. La décision est prise : pour clore la séance, Charles VI prend la parole et remercie ses chers oncles « des peines et travaux qu'ils avaient eus de sa personne et des affaires du royaume » : une manière polie, mais ferme, de les congédier. Les ducs de Bourgogne et de Berry doivent s'incliner.
Au début de son règne, il confie le gouvernement à des conseillers de son père, comme Bureau de la Rivière, qui seront appelés les Marmousets.Charles est marié dès l'âge de 16 ans à Isabeau de Bavière, elle-même âgée de 14 ans. Sa minorité est troublée par les querelles des ducs d'Anjou, de Bourgogne, de Berry et de Bourbon, ses oncles, qui se disputent le pouvoir ; la ville de Rouen se révolte; dans Paris, des assassins, connus sous le nom de Maillotins, assomment les financiers avec des maillets de fer en 1381. En 1382, Charles prend part à la bataille de Roosebecke, où Olivier V de Clisson bat les Flamands révoltés.
En 1392, il marche contre Jean IV, duc de Bretagne, qui donne asile à Pierre de Craon, l'homme qui avait tenté d'assassiner le connétable Olivier V de Clisson ; mais, le 5 août 1392, dans la forêt du Mans, il commence à éprouver des crises de folie furieuse : hurlant à la trahison, il attaque sa propre troupe et tue quatre personnes avant d'être maîtrisé. Au bout de quelques heures, sa lucidité revenue, il demande pardon et reprend la route[1]. Il est probable qu'il souffrait d'un trouble bipolaire (autrefois psychose maniaco-dépressive). Un an plus tard, le funeste bal des ardents, où il voit cinq de ses compagnons brûler vifs, achève de le faire sombrer dans la folie.

Charles V Le Sage (1364–1380)


Charles V de France, dit Charles le Sage (né à Vincennes, le 21 janvier 1338 - mort à Beauté-sur-Marne, le 16 septembre 1380), est roi de France de 1364 à 1380.


Son règne marque la fin de la première partie de la guerre de Cent Ans : il réussit à récupérer toutes les terres perdues par ses prédécesseurs, restaure l'autorité de l'État et relève le royaume de ses ruines.
Il est, un temps, proche du mouvement réformateur lorsqu'il se retrouve, en 1357, dauphin d'un roi emprisonné, son père Jean le Bon, à la tête d'une monarchie contrôlée, mais les ambitions de Charles de Navarre et l'opposition d'Etienne Marcel font échouer cette tentative. Couronné en 1364, il restaure l'autorité royale en la basant sur l'état de droit et en poursuivant la politique de la monnaie forte instaurée par les conseillers de son père. Ce faisant, un parallèle s'établit entre son règne et celui de saint Louis qui reste la référence du bon gouvernement pour l'époque.
Il formalise la décentralisation du pouvoir par la politique des apanages sur lesquels il garde autorité en les finançant grâce à l'instauration d'impôts durables. Ces nouvelles ressources lui permettent de doter la France d'une armée permanente qui, associée aux armées de ses frères, permet de se débarrasser des Grandes compagnies qui ruinent le pays, puis de vaincre les Anglais. Cette victoire est aussi acquise par les succès diplomatiques qu'il rencontre en retournant les vassaux gascons favorables à l'Angleterre et en isolant celle-ci du reste de l'Europe. Cette reconquête se fait largement en encourageant le sentiment national naissant, transformant les Anglais en envahisseurs.
Son règne est enfin marqué par le grand Schisme d'Occident, qu'il n'a pas pu ou voulu empêcher.


Jean II le Bon (1350–1364)


Jean II de France, dit Jean le Bon, (né le 26 avril[1] 1319 au château du Gué de Maulny (Le Mans) - mort à Londres le 8 avril 1364). Fils de Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne, fut roi de France de 1350 à 1364, le deuxième de la maison capétienne de Valois.En compagnie de sa deuxième épouse Jeanne d'Auvergne, il est sa­cré à Reims le 26 sep­tembre 1350 par l'archevêque Jean II de Vienne.


Le roi Jean II le Bon est un chevalier courageux. Son règne est marqué par de graves problèmes financiers, par les intrigues de Charles le Mauvais, roi de Navarre et par la crise des États généraux (dirigés par Étienne Marcel). Profitant de tous ces troubles, les Anglais, menés par Édouard III et son fils le Prince Noir, lancent une expédition au Languedoc et en Gascogne en 1355.
Le 19 septembre 1356, Jean le Bon est battu lors de la bataille de Poitiers. Fait prisonnier, il est emmené à Londres. En 1360, le Traité de Brétigny lui rend la liberté contre une rançon de 3 millions d'écus d'or (soit 11,64 tonnes d'or), mais deux de ses fils, Jean et Louis, doivent prendre sa place à Londres pour garantir le bon paiement de la rançon. L'un d'eux, Louis, s'étant enfui en 1363, Jean le Bon, obéissant aux lois de l'honneur, retourne se constituer prisonnier à Londres où il meurt en 1364.

Les proches du rois ont la réalité du pouvoir entre les mains au détriment du partit navarrais. Le parti royal est strucuré autours des Meluns, des Bourbons, des Artois et surtout de Charles de la Cerda. En 1352, ce dernier épouse Marguerite de Blois, fille de Charles de Blois, (le candidat à la succession de Bretagne soutenu par le roi de France) ce qui lui vaut le soutien de seigneurs bretons tels que Bertrand du Guesclin. Il reçoit également le soutien de sa famille : le vicomte Jean de Melun, son beau-père, et la comtesse d'Alençon, Marie de la Cerda, sa cousine, veuve des comtes Charles d'Étampes et Charles II d'Alençon. Il a ses fidèles dans l'armée royale, comme le maréchal Arnoul d'Audrehem. Il joue un jeu habile, attire à lui des membres de familles liées depuis des années aux Évreux-Navarre pour affaiblir l'influence du puissant parti navarrais qui menace le roi.
Charles de La Cerda accumule les honneurs, Jean le Bon lui confie missions diplomatiques et commandements militaires ou maritimes. Il reçoit du roi le comté Angoulême en décembre 1350 et la charge de connétable en 1351. Il s'illustre par une brillante campagne en Poitou où il prend Saint-Jean-d'Angely. Jean le Bon essaie de se concilier les bonnes grâces de Charles de Navarre et le nomme lieutenant du Languedoc. Charles de la Cerda s'acquitte bien de ses fonctions civiles, mais il échoue à reprendre la place de Montréal près d'Agen.
En 1352, le roi lui donne sa fille Jeanne en mariage avec une dot de 100 000 écus (il doit recourir à une mutation monétaire pour la réunir). Mais, par à un accord entre Jeanne de Navarre et le roi de France, la fille de ce dernier a cédé le comté d'Angoulême contre les châtellenies de Beaumont, Asnières-sur-Oise et Pontoise. Ces châtellenies n'ayant jamais été remises, le comté d'Angoulême échoit à Charles de La Cerda!
Charles de Navarre est soigneusement tenu à l'écart du conseil du roi et Charles de La Cerda s'active à détricoter son réseau de fidèles. Évidemment, tout cela ne peut qu'en faire l'ennemi mortel du parti navarrais, qui répand des rumeurs calomnieuses d'homosexualité pour expliquer ses liens avec le roi. Au printemps 1353, une empoignade oppose le comte de Longueville - et frère de Charles le Mauvais - , Philippe de Navarre, au connétable, dans les appartements du roi. Celui-ci accuse le Navarrais d'être un faux-monnayeur et un menteur patenté. Ce dernier, excédé, tire sa dague et menace le favori du roi. Jean le Bon ramène Philippe de Navarre à la raison. Le connétable quitte la scène sous les insultes de l'outragé qui crie vengeance.


Prisonniers à Londres, Jean le Bon et ses conseillers constatent les bienfaits d’une monnaie forte. Ils préparent donc les réformes nécessaires et Jean le Bon crée le franc, le 5 décembre 1360, sur le chemin du retour à Paris. Il s’agit d’une monnaie à très forte teneur en or (3,88 grammes d'or fin), valant une livre et dont le nom indique qu’il ne s’agit pas d’une monnaie au titre dévalué. Il montre le roi chargeant à cheval dans la droite ligne de l’idéal chevaleresque : l’objectif est de restaurer l’autorité royale en mettant fin aux mutations monétaires qui ont entraîné de nombreuses dévaluations pendant toute la première moitié du XIVe siècle. Une monnaie forte constitue la demande principale des États généraux, illustrée par la théorie élaborée par Nicolas Oreste.
A côté des éléments purement économiques qui conduisent à la décision de la création d'une nouvelle monnaie pour le royaume, le choix de son nom, le franc, est avant tout un geste politique, à usage intérieur, pour répondre au besoin d'affirmation nationale naissant pendant la guerre de Cent ans[52]. Il s'agit clairement d'une évocation de l'ascendance (partielle) franque du peuple français - ce terme de Francs par ailleurs également employé pour désigner les chevaliers chrétiens partis en croisade - et de la légitimité de son roi (le Rex Francorum), légitimité dont la défense consitue une des principales préoccupation des Valois.
Le roi, même s'il doit ménager les États généraux qui ont gouverné en 1358, n’entend pas laisser les rênes du pouvoir et le conseil est tenu par le parti royal, Guillaume de Melun en tête. Il applique donc une politique proche de celle prônée par les États généraux sans toutefois leur rendre de comptes, ni au parlement. Après la création du Franc, il réduit le nombre de fonctionnaires, épure et met sous pression le personnel financier qui est très impopulaire.

La plupart des proches du dauphin sont évincés et celui-ci retourne gérer son duché de Normandie.
Le royaume est saigné pour payer le premier versement de la rançon tel qu'organisé par le dauphin et les États généraux avant le retour de Jean le Bon. L’abandon des mutations monétaires, prive l’État d’une source importante de revenus. Pour payer la rançon, le conseil du roi compte sur la fiscalité indirecte : l’ordonnance de Compiègne du 5 décembre 1360 institue une taxe de 5%, prélevée sur tous les échanges. Ce choix favorise la noblesse qui n’est pas touchée par cet impôt et plus généralement les propriétaires fonciers dont les revenus sont calculés en monnaie de compte. En revanche, le commerce, l’agriculture et l’industrie sont durement pénalisés et l’économie est ralentie par cette mesure.


Allant de désastre en désastre dans un pays ruiné et à feu et à sang, le roi cherche une porte de sortie. Il envisage de reconquérir son honneur en croisade contre les Turcs, il reçoit la croix d’Outremer des mains d'Urbain V à Avignon le 30 Mars 1363. Finalement, il repart pour Londres le 3 Janvier 1364 pour renégocier le Traité de Brétigny pour lequel il a du mal à payer la rançon et la libération des otages (son fils Louis d’Anjou, lassé d’attendre sa libération, s'est déjà enfui de Londres). Avant de partir, il réunit les États généraux à Amiens fin décembre 1363 et leur fait part de sa décision. Il meurt à Londres le 8 avril 1364. Son corps est restitué à la France et il est inhumé dans la basilique Saint-Denis. Sa sépulture, comme celle de tous les autres princes et dignitaires reposant en ce lieu, fut profanée par les révolutionnaires en 1793.